Le couple hollywoodien a reçu la nationalité guinéenne vendredi 9 janvier 2026 lors d’une cérémonie privée à Conakry. Cette naturalisation historique s’inscrit dans un mouvement plus large de reconnexion des Afro-Américains avec le continent africain.
Un test ADN qui change tout
Meagan Good et Jonathan Majors ont fait analyser leur ADN pour retracer leurs origines. Les résultats ont révélé des liens ancestraux avec la Guinée, ce pays d’Afrique de l’Ouest souvent considéré comme le berceau de la diaspora africaine. Ce genre de démarche devient de plus en plus courant parmi les célébrités afro-américaines qui cherchent à reconnecter avec leurs racines.
Pour Meagan Good, 44 ans, c’était carrément sa première visite en Guinée. Imaginez découvrir le pays de vos ancêtres pour la première fois tout en recevant directement la nationalité. L’actrice de « Think Like a Man » a confié son émotion lors de la cérémonie. « C’est une expérience incroyable. Nous sommes heureux d’être ici avec vous tous. »
Jonathan Majors, 36 ans, connu pour ses rôles dans « Creed III », « Da 5 Bloods » ou encore « Lovecraft Country », a déclaré que cette citoyenneté permettrait au couple de « combler le fossé » entre leurs vies d’artistes américains et leurs racines africaines.
Une cérémonie officielle avec les plus hautes autorités

L’événement s’est déroulé vendredi à Conakry, la capitale guinéenne. Pas une cérémonie lambda là. On parle d’un accueil en grande pompe orchestré par le ministère de la Culture guinéen. Djiba Diakité, directeur de cabinet du président Mamadi Doumbouya, a personnellement remis les passeports diplomatiques aux deux acteurs.
« Nous pensons que vous faites partie des dignes fils et filles de cette Guinée. Vous représentez notre pays, le drapeau rouge-jaune-vert, à travers le monde entier, » a déclaré Diakité lors de son discours. Franchement, être accueilli comme ça après avoir découvert ses origines, ça doit être un moment assez fou.
À ses côtés se tenait le général Amara Camara, ministre et secrétaire général de la présidence. La présence de ces hautes personnalités montre l’importance que la Guinée accorde à ce type d’événements diplomatiques et culturels.
Un accueil digne de stars à l’aéroport
Jeudi soir, vers 23 heures, le couple a d’abord été accueilli à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré de Conakry. Ramatoulaye Camara, secrétaire générale du ministère de la Culture, dirigeait la délégation officielle venue les recevoir. L’atmosphère était à la fois solennelle et festive.
Des musiciens traditionnels ont joué du djembé, ce tambour emblématique qui attire des tas d’étrangers en Guinée pour apprendre ses rythmes complexes. Des danseurs ont exécuté des chorégraphies traditionnelles. Le couple a été plongé directement dans la richesse culturelle guinéenne dès son arrivée.
Un programme touristique chargé
Le séjour du couple ne se limite pas à la cérémonie officielle. Dimanche, Meagan Good et Jonathan Majors sont programmés pour visiter plusieurs sites touristiques du pays. Ils prévoient notamment de se rendre à Boké, une ville qui fut un important centre de la traite négrière.
Cette visite à Boké revêt une dimension particulièrement symbolique. C’est de là que des milliers d’Africains ont été déportés vers les Amériques pendant des siècles. Pour des descendants de cette diaspora, retourner sur ces lieux chargés d’histoire constitue souvent un moment très émouvant.
Le ministère de la Culture a élaboré un programme complet pour leur faire découvrir le patrimoine culturel guinéen. L’objectif ? Promouvoir le tourisme guinéen à l’international grâce à la notoriété du couple.
Des ambassadeurs mondiaux pour la Guinée

Les autorités guinéennes ont désigné Meagan Good et Jonathan Majors comme « ambassadeurs mondiaux » du pays. Avec leur influence et leur visibilité à Hollywood, ils deviennent des porte-parole de choix pour promouvoir la Guinée sur la scène internationale.
Un projet média d’envergure est déjà sur les rails. Le couple fera la couverture du magazine Rolling Stone Africa avec des photos prises directement en Guinée. Ce genre de couverture médiatique internationale, c’est du pain bénit pour l’image du pays.
Une tendance croissante parmi les célébrités
Meagan Good et Jonathan Majors ne sont pas les premiers people afro-américains à obtenir une citoyenneté africaine ces dernières années. C’est devenu carrément une tendance.
Le Ghana a lancé le mouvement en 2019 avec son initiative « Year of Return » (Année du Retour). Cette campagne visait à encourager les descendants d’esclaves à revenir sur le continent africain 400 ans après le début de la traite transatlantique. Des stars comme Stevie Wonder ont participé au mouvement.
En 2024, le Ghana a accordé la citoyenneté à 524 Afro-Américains. Le Bénin a également accueilli des célébrités comme la chanteuse Ciara. La Guinée s’inscrit maintenant dans cette dynamique continentale de reconnexion avec la diaspora.
Ces initiatives ne sont pas juste symboliques. Elles visent aussi à encourager les investissements de la diaspora dans leurs pays d’origine. Avec des millions de descendants d’Africains vivant aux États-Unis, le potentiel économique est énorme.
Le parcours compliqué de Jonathan Majors
Il faut quand même parler d’un truc. Le timing de cette naturalisation intervient à un moment particulier de la carrière de Jonathan Majors. L’acteur semblait promis à devenir une méga-star d’Hollywood il y a encore deux ans.
En 2023, il a été arrêté suite à une altercation avec son ex-petite amie. En 2024, il a été reconnu coupable d’agression et de harcèlement. Marvel l’a immédiatement largué de tous ses projets futurs, notamment son rôle de Kang le Conquérant qui devait être central dans les prochains films.
« Magazine Dreams », un film qui devait lui apporter une nomination aux Oscars, a été mis au placard. Sa carrière hollywoodienne a pris un sacré coup. C’est Meagan Good qui l’a soutenu publiquement pendant toute cette période difficile.
Le couple s’est fiancé en 2024 et s’est marié en 2025 lors d’une cérémonie intime. Certains y voient dans ce retour aux racines africaines une forme de renaissance pour Majors. Un nouveau départ loin d’Hollywood et de ses controverses.
La Guinée sous régime militaire depuis 2021
Faut aussi contextualiser un peu. La Guinée est dirigée par une junte militaire depuis septembre 2021. Le général Mamadi Doumbouya a renversé le président Alpha Condé lors d’un coup d’État. Le pays vit donc sous un régime de transition censé mener à des élections.
Ces initiatives culturelles et diplomatiques avec la diaspora s’inscrivent dans une stratégie du gouvernement pour améliorer l’image internationale du pays. Accueillir des stars d’Hollywood et leur donner la nationalité, ça fait de bons gros titres dans la presse mondiale.
Certains observateurs se demandent si ces cérémonies ne servent pas aussi à détourner l’attention des problèmes de gouvernance et de droits humains dans le pays. Mais bon, ça n’enlève rien à la dimension symbolique et émotionnelle pour les personnes concernées.
Pourquoi ce mouvement de retour prend de l’ampleur
On assiste vraiment à un phénomène de société. De plus en plus d’Afro-Américains cherchent à reconnecter avec le continent africain. Les tests ADN ont démocratisé cette recherche d’origines. Avant, c’était quasi impossible de savoir précisément d’où venaient ses ancêtres.
Maintenant, pour quelques dizaines de dollars, n’importe qui peut faire analyser son ADN et découvrir ses origines géographiques. Des entreprises comme 23andMe ou AncestryDNA ont rendu ça accessible à tous.
Pour les descendants d’esclaves américains, cette quête d’identité a une dimension très particulière. L’esclavage a coupé tous les liens avec l’Afrique. Les esclaves n’avaient pas le droit de conserver leurs noms, leurs langues, leurs traditions. Des générations entières ont grandi sans savoir d’où elles venaient vraiment.
Ces retours aux racines comblent un vide identitaire profond. Obtenir la nationalité d’un pays africain, c’est retrouver symboliquement ce qui a été volé par l’histoire.
L’impact sur le tourisme et l’économie
Ces naturalisations de célébrités ont un impact concret sur le tourisme africain. Quand Meagan Good et Jonathan Majors parlent de leur expérience en Guinée sur leurs réseaux sociaux, des millions de followers découvrent le pays.
La Guinée possède des atouts touristiques énormes mais reste largement méconnue. Des paysages magnifiques, une richesse culturelle incroyable, une histoire fascinante. Le problème ? Un manque cruel de visibilité internationale.
Ces opérations de communication avec des stars mondiales changent la donne. Le tourisme mémoriel lié à la traite négrière attire déjà des visiteurs au Ghana ou au Sénégal. La Guinée veut capter une partie de ce marché.
Au-delà du tourisme, il y a l’espoir que la diaspora investisse dans le pays. Créer des entreprises, financer des projets, développer l’économie locale. C’est tout l’enjeu de ces initiatives de reconnexion.
Ce que ça change pour le couple
Concrètement, Meagan Good et Jonathan Majors sont maintenant citoyens guinéens au même titre que n’importe quel Guinéen de naissance. Ils ont reçu des passeports diplomatiques, ce qui leur donne même un statut particulier.
Ils peuvent vivre en Guinée quand ils veulent. Investir dans le pays. Participer à la vie culturelle locale. Servir de pont entre Hollywood et l’Afrique de l’Ouest. Les possibilités sont nombreuses.
Pour Majors dont la carrière hollywoodienne a pris un coup dur, c’est peut-être aussi l’opportunité de se réinventer ailleurs. L’industrie du cinéma africain se développe rapidement. Nollywood au Nigeria rivalise avec Hollywood en nombre de productions. Pourquoi pas un pivot vers des projets africains ?
Un geste qui va au-delà du symbole
Cette naturalisation n’est pas qu’un coup de com ou un geste symbolique creux. Elle s’inscrit dans un mouvement historique de réconciliation entre l’Afrique et sa diaspora.
Pendant des siècles, le continent africain a été pillé de ses ressources humaines. Des millions de personnes déportées, des sociétés détruites, des cultures effacées. Les cicatrices de cette histoire restent vives des deux côtés de l’Atlantique.
Ces retours aux racines, même plusieurs générations après, participent à une forme de guérison collective. Ils reconstituent des liens rompus par la violence de l’esclavage.
Bien sûr, obtenir un passeport ne gomme pas des siècles de traumatismes. Mais ça crée une connexion tangible. Ça donne un ancrage territorial à des gens dont les ancêtres ont été arrachés à leur terre.






