Novembre 2024. Le monde francophone découvre stupéfait l’affaire « Balthazar » : plus de 400 vidéos intimes impliquant Baltasar Ebang Engonga, haut responsable de Guinée équatoriale, déferlent sur les réseaux sociaux. Les images montrent le directeur de l’Agence nationale d’investigation financière dans des situations compromettantes, parfois filmées dans son propre bureau. Un an plus tard, où en est cette affaire qui a secoué toute l’Afrique centrale ?
Le scandale qui a paralysé internet en Afrique
Je me souviens encore de ce mois de novembre 2024. Dans mon quartier à Libreville, tout le monde parlait de « Balthazar ». Les vidéos circulaient sur WhatsApp, TikTok, partout. Les autorités équato-guinéennes ont même réduit le débit internet pour limiter la diffusion, mais c’était déjà trop tard.
L’affaire a pris une ampleur folle parce que Baltasar Ebang Engonga, surnommé « Bello », n’est pas n’importe qui : il est le fils du président de la CEMAC et neveu du président Obiang. Autrement dit, une figure ultra-puissante du régime équato-guinéen. Et les femmes dans les vidéos ? Des épouses et filles de ministres et dignitaires du régime.
Dans les cafés de Douala, Yaoundé et même Libreville, on ne parlait que de ça. Certains trouvaient ça drôle, d’autres choquant. Moi, je trouvais surtout ça révélateur de comment fonctionne le pouvoir dans certains pays.
De l’humiliation publique à la prison
Après le scandale sexuel, Baltasar Ebang Engonga a été démis de ses fonctions par décret présidentiel en novembre 2024. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Détenu depuis septembre 2024 à la prison de Black Beach, l’une des prisons les plus redoutées d’Afrique centrale, Bello a dû affronter bien plus que l’humiliation : un procès pour détournement de fonds publics.
Le 30 juin 2025, son procès s’est ouvert devant le tribunal de Malabo. L’accusation est lourde : corruption, enrichissement illicite, abus de pouvoir. Le parquet a requis jusqu’à 18 ans de prison contre lui et ses complices.
La condamnation : 8 ans de prison ferme
Le 27 août 2025, le couperet est tombé. Le tribunal provincial de Bioko a condamné Baltazar Ebang Engonga à huit ans de prison ferme et une amende de 125,4 millions de francs CFA (environ 190 000 euros).
Cinq autres cadres du pays ont été poursuivis dans ce dossier, mais c’est Bello qui cristallise toute l’attention. Selon le tribunal, les fonds détournés servaient à financer des voyages et missions personnelles déjà couverts par l’État.
Mon cousin qui travaille à Malabo m’a raconté que le jour du verdict, certains ont applaudi dans les rues. D’autres ont trouvé la peine trop clémente pour quelqu’un qui incarnait l’impunité du régime.
L’effet Balthazar : quand le ridicule devient viral
Au-delà du juridique, l’affaire a pris une dimension… surréaliste. Des chansons, des danses, des photomontages lui attribuant le trophée du « Ballon d’or 2024 » ont circulé partout. On a même vu des publicités pour un soi-disant aphrodisiaque baptisé « Balthazariem ».
Lors de la cérémonie d’investiture du président Brice Clotaire Oligui Nguema au Gabon le 3 mai 2025, l’annonce du nom de Baltasar a provoqué un tonnerre d’applaudissements et des cris de joie. Oui, vous avez bien lu. L’homme du scandale sexuel a été ovationné comme une star. Pourquoi ? Parce qu’il incarne, malgré lui, une forme de rébellion contre l’hypocrisie des élites africaines.
Dans mon quartier, on en rigole encore. « Balthazar » est devenu un mot-code pour désigner quelqu’un qui abuse de son pouvoir… ou qui a un appétit sexuel débordant.
Où est-il aujourd’hui ?
Baltasar Ebang Engonga purge actuellement sa peine à la prison de Black Beach. Il ne devrait sortir qu’en 2033, à l’âge de 63 ans.
Est-ce que justice a vraiment été rendue ? Franchement, je ne sais pas. Certains disent que c’est un coup politique du vice-président pour éliminer un rival. D’autres pensent que c’est une vraie tentative de lutte contre la corruption. Moi, je pense que c’est un peu des deux.
Ce qui est sûr, c’est que l’affaire Balthazar a révélé au grand jour ce que tout le monde savait déjà : la gouvernance opaque, les abus de pouvoir, l’impunité des élites. Au-delà du personnage, le cas interroge la gouvernance en Guinée équatoriale.
Le mot de la fin
Balthazar est en prison. Ses vidéos continuent de circuler. Son nom est devenu une blague, un mème, un symbole. Certains le plaignent, d’autres le méprisent, beaucoup en rigolent.
Moi, ce qui me frappe le plus, c’est qu’un an après, personne n’a vraiment tiré les leçons de cette affaire. Les structures de pouvoir sont toujours les mêmes. Les abus continuent. Seul Balthazar paie le prix.
Comme on dit chez nous : « Le petit poisson est toujours pris, même quand il nage avec les gros. »





