Comment arrêter la masturbation ?

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Je vais être clair dès le départ : la masturbation, en soi, n’est pas un problème. Si quelqu’un te fait croire le contraire, il se trompe ou il ment. Le souci commence seulement quand ça prend trop de place, quand ça empiète sur le reste : le travail, les relations, l’estime de soi, la sexualité avec un partenaire.

Et ça, beaucoup de gens n’osent pas en parler. Par honte. Par culpabilité. Ou parce qu’ils ne savent même pas si leur situation est “normale” ou pas.

Faut-il vraiment arrêter ?

Avant de chercher à arrêter, la vraie question est plutôt : pourquoi tu veux arrêter ?

Pendant longtemps, j’ai cru que se masturber souvent voulait dire que quelque chose clochait chez moi. En réalité, ce n’était pas la fréquence le problème, mais le réflexe automatique. Le fait de le faire sans y penser, par ennui, par stress, par habitude.

Se masturber tous les jours n’est pas forcément une addiction. Pour certains, c’est occasionnel. Pour d’autres, quotidien. Le signal d’alarme, c’est quand :

  • tu le fais même quand tu n’en as pas vraiment envie,
  • tu repousses d’autres choses importantes pour ça,
  • ta sexualité à deux devient compliquée,
  • tu te sens mal après, coupable ou vidé.

À partir de là, oui, il peut être utile de reprendre le contrôle.

Le vrai déclencheur, ce n’est pas toujours le désir

Beaucoup de personnes pensent qu’elles se masturbent “par excès de libido”. En réalité, c’est souvent autre chose : le stress, l’ennui, la solitude, l’anxiété.

Et très souvent, le porno joue un rôle énorme. Pas parce qu’il est “mal”, mais parce qu’il conditionne le cerveau à une stimulation rapide, facile, sans effort. À force, le corps s’habitue à ce schéma ultra-efficace… et réclame sa dose.

Réduire ou arrêter le porno change déjà énormément de choses. Même sans arrêter complètement la masturbation.

Remplir le vide, pas juste supprimer l’habitude

Essayer d’arrêter sans rien changer autour, c’est comme vouloir arrêter de grignoter en laissant le frigo ouvert toute la nuit.

Quand l’envie arrive, il faut autre chose à quoi se raccrocher. Pas forcément un truc héroïque. Parfois :

  • sortir marcher 10 minutes,
  • appeler quelqu’un,
  • lancer une série,
  • faire du sport (même léger),
  • s’occuper les mains.

L’idée n’est pas de lutter comme un forcené, mais de casser l’automatisme.

Être seul tout le temps n’aide pas

C’est une vérité un peu brutale, mais réelle : la masturbation excessive se nourrit de l’isolement.

Plus on est seul, plus le cerveau cherche une récompense rapide. Passer du temps avec d’autres personnes, même sans parler de sexualité, aide énormément. Le contact humain, même simple, remet les choses à leur place.

Et non, ça ne marche pas à 100 %. Oui, certains trouvent toujours un moment. Mais chaque fois que tu retardes, tu reprends un peu le contrôle.

Quand demander de l’aide devient une bonne idée

Il y a un moment où il faut être honnête avec soi-même. Si malgré tout :

  • tu n’y arrives pas,
  • ça te fait souffrir,
  • ça impacte ta vie sexuelle ou affective,

alors consulter un sexologue ou un thérapeute n’a rien d’un échec. Ce n’est pas différent d’un accompagnement pour l’alcool, le tabac ou l’anxiété.

Souvent, le travail ne porte même pas directement sur la masturbation, mais sur ce qu’il y a derrière : le stress, l’estime de soi, les relations, parfois des blessures plus anciennes.

Un dernier truc important

Rechuter ne veut pas dire échouer. Ça fait partie du processus. Le but n’est pas de devenir “parfait”, mais de retrouver une relation plus saine avec son corps et son désir.

Et surtout, n’oublie pas ça :
se masturber n’est pas un problème. Se sentir prisonnier de l’habitude, oui.

Si tu reprends le contrôle, même progressivement, tu es déjà sur la bonne voie.

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